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Géopolitis21

La Papouasie Nouvelle-Guinée ou le pays aux 800 tribus

8 Février 2015 , Rédigé par hunza

La Papouasie Nouvelle-Guinée est un de ces Etats dont nos médias ne parlent quasiment jamais sauf quand il s’y produit une catastrophe naturelle  ou un terrible fait divers. Situé dans l’hémisphère sud, en Océanie, à près d’une journée de vol en avion depuis la France, ce pays représente pourtant un grand intérêt économique car il est riche en matières premières. Il représente aussi un grand intérêt pour les scientifiques et les explorateurs car il est majoritairement  recouvert par la forêt  tropicale humide où vivent de très nombreuses espèces  végétales et animales dont certaines sont uniques au monde, voire même restent à découvrir ….  Alors, en 2015, que doit-on savoir de la PNG (1)?
 

Présentation de la Papouasie Nouvelle-Guinée

 

 
Le nom de Papouasie proviendrait de « papuwah », mot d’origine malais qui signifie « crépu » pour désigner les populations autochtones. Quant au nom de Nouvelle-Guinée, on la doit à  un explorateur espagnol, Ortiz de Retes, qui, au 16ème siècle, avait été frappé de la ressemblance des indigènes avec les populations noires de Guinée équatoriale en Afrique.

La PNG est un archipel d’une surface de 462 840 km² qui se compose du territoire principal qui occupe une partie de la grande île de Nouvelle Guinée, l’autre partie appartenant à l’Indonésie, et, parmi 600 îles, de 3 grandes îles importantes qui sont celles de Nouvelle Bretagne, Nouvelle Irlande et de Bougainville. En plus de l’Indonésie dont elle partage une frontière terrestre longue de 820 kilomètres, la PNG est proche des Iles Salomon et surtout de l’Australie (Etat du Queensland) dont elle est séparée par le détroit de Torrès qui, à son endroit le plus étroit, mesure 150 kilomètres.

Hormis l’avion, les transports sont très difficiles car l’infrastructure routière est quasiment inexistante dans ce pays tropical et au relief montagneux.

La capitale s’appelle Port Moresby et comptait plus de 320 000 habitants en 2013.

Le point culminant de la PNG est le Mont Wilhem avec 4 706 mètres d’altitude qui se situe sur l’île de Nouvelle Guinée.

 

La population

 

En 2013, la banque mondiale estimait qu’il y avait 7 321 000 habitants en PNG. Le dernier recensement a été effectué en 2011 = 7 059 600 habitants ce qui représente une densité au km² par habitant très faible (15 habitants /km²).

Taux de fécondité = 3.86 enfants / femme (2)

Nombre de naissances en 2012 = 210 000 (3)

Espérance de vie = 62 ans (2). A noter qu’il y a environ 7 médecins / 100 000 habitants (ils sont plus de 300 en France !)

Taux d’alphabétisation = 63 % (2)

Les Papous sont le groupe ethnique principal, mais il y a des minorités importantes en provenance du monde malais et du continent asiatique. Plus de 700 dialectes y sont parlés et seule 1 à 2 % de la population parle anglais.

 

Les institutions

 

Il s’agit d’une monarchie parlementaire au sein du Commonwealth. Le chef de l’Etat, en l’occurrence Elisabeth II, est représenté par le gouverneur général qui est élu par le parlement.

Le pouvoir exécutif est dirigé par un Premier ministre qui, lui aussi, est désigné par le Parlement. Depuis le 2 août 2011, il s’agit de Peter O’Neil issu du parti Congrès national populaire. 

Le pouvoir législatif est représenté par un Parlement monocaméral de 111 représentants (89 députés + les gouverneurs des 22 provinces) élus pour cinq ans au scrutin alternatif (4).

La Constitution prévoit un « délai de grâce » de 18 mois pendant lesquels le gouvernement ne peut pas faire l’objet d’une motion de censure.

Il existe une cour suprême indépendante des pouvoirs exécutif et législatif.

 

L’économie

 

PIB = 15.29 milliards $ (5) 

En 2012, la croissance atteignait 9.2 % et la mise en exploitation des gisements de gaz ne devrait maintenir cette dernière à un niveau élevé.

L’Australie est le 1er fournisseur et client de la PNG.                          

En 2013, les ¾ de ses exportations sont constitués par l’or, le cuivre et le pétrole et ¼ par du bois, de l’huile de palme, du café, du coprah et des produits de la pêche.

1) L’agriculture :

C’est essentiellement  une agriculture de subsistance qui fait vivre plus des 2/3 de la population de la PNG. Cependant, certaines cultures sont commerciales par leur  niveau important de production :

- Cacao = 40 000 tonnes

- café = 68 000 tonnes en 2010

- Huile de palme = 1 300 000 tonnes

Il y a aussi l’exploitation du bois qui pose malheureusement le problème de la déforestation ainsi que des ressources halieutiques considérables et particulièrement la pêche au thon.

2) les mines :

La PNG a extrait environ 62 tonnes d’or de son sous sol en 2013 pour une réserve estimée à 1 200 tonnes (13ème réserve aurifère mondiale) (6)

Pour le cuivre, la PNG se plaçait à la 8ème place d’exportateur mondial en 2011 avec 146 000 tonnes (7).

Des mines de nickel, de chrome, de cobalt, de molybdène ainsi que des nodules polymétalliques des fonds sous marins sont aussi exploités.

3) Les hydrocarbures :

Le gaz est la principale ressource sur laquelle compte dans les années à venir la PNG pour se développer. D’ailleurs les compagnies américaines et chinoises s’y livrent une concurrence acharnée. Depuis 2009, Exxon Mobil s’est lancée dans un ambitieux projet d’exporter du gaz liquéfié vers l’Asie du sud-est, la Chine et le Japon à partir de 2015. Depuis 2012, Total est aussi présent dans la zone pour y faire de l’exploration et de la production.

Quant au pétrole, les réserves tendent à se tarir. En 2012, la PNG ne produisait plus que 26 000 barils / jours (environ 130 000 barils / jours en 1993).

 

L’histoire de la PNG :

 

1526 : Découverte par le Portugais Jorge de Meneses.

1828 : Les Hollandais occupent le nord-ouest de l’île.

1883 : Les Australiens du Queensland annexent la partie sud-orientale de l’île.

6 novembre 1884 : Londres en prend possession (protectorat) pour contrer les convoitises allemandes. 

En 1885, le tracé de la frontière sur l’île de Nouvelle Guinée qui délimite les territoires appartenant aux Pays Bas est officialisé - de nos jours, il n’a pas bougé-  et le reste de l’île est partagé entre  l’Angleterre et l’Allemagne :

  • le nord-oriental de la Nouvelle-Guinée aux Allemands
  • le sud-oriental (Papouasie) aux Britanniques

4 septembre 1888 : Londres annexe officiellement la partie de l’île qui lui avait été attribuée. Elle dépendra du Commonwealth d'Australie à partir de 1902 et, en 1905, la Nouvelle-Guinée britannique deviendra le territoire de la Papouasie et de l'Australie.

1914 : L’Australie occupe la partie allemande (Nouvelle-Guinée du Nord-Est et l'archipel Bismarck) et en obtient le mandat de la SDN en 1920.

Début 1942 : Occupation japonaise.

1946 : L’Australie se voit confirmer son administration du territoire par l’ONU.

1949 : Nouvelle Guinée et Papouasie sont réunifiées.

1964 : Large autonomie.

1 sept 75 : Bougainville proclame son indépendance, mais cette sécession prendra fin en octobre 1975.

16 septembre 1975 = INDEPENDANCE

Le nouvel Etat comprend la partie orientale de la Nouvelle Guinée, mais encore l’archipel Bismarck et les îles de la Nouvelle-Bretagne, de la Nouvelle-Irlande et de Bougainville.

1988 : Début des troubles dans l’île de Bougainville avec la création de l’armée révolutionnaire de Bougainville qui va lutter pour obtenir l’indépendance de l’île. Les raisons de cette sécession sont à chercher du côté de l’exploitation de la mine de cuivre de Panguna car, d’une part, les retombées économiques ne profitent pas aux habitants de Bougainville et, d’autre part, elle est à l’origine d’un désastre écologique dans la région.

Mars 1990 : retrait de l’armée de l’île de Bougainville qui proclame son indépendance en mai 1990.

Janvier 1991 : signature d’un accord de paix entre les deux parties.

Octobre 1992 : le retour des militaires gouvernementaux à Bougainville entraîne la reprise des combats. La capitale Arawa est prise en janvier 1993.

Octobre 1994 : organisation d’une conférence de la paix qui permet d’arrêter les combats.

1996 : reprise des combats après l’assassinat du chef du gouvernement de transition de Bougainville.

26 mars 97 : la crise toujours en cours à Bougainville fait chuter le gouvernement de Sir Julius Chan à Port Moresby. Bill Skate devient le nouveau premier ministre.

17 juillet 1998 : deux séismes sur la côte septentrionale causent la mort de 2.123 personnes

14 juillet 1999 : à la suite des élections, Mekere Morauta devient 1er ministre, son parti s’étant imposé en raison de l'aggravation de la crise économique et de la multiplication des violences interethniques.

2001 : fin du conflit meurtrier à Bougainville avec la signature d’un accord de paix à Arawa, capitale de l’île, entre les deux belligérants. L’île de Bougainville obtient le statut de région autonome au sein de la Papouasie Nouvelle Guinée et Joseph Kabui, ancien chef de l’Armée Révolutionnaire de Bougainville, devient le 1er président du gouvernement de la région autonome.

A noter qu’un référendum est prévu d’être organisé sur l’indépendance de Bougainville dans les prochaines années (à ce jour, en 2015, il n’a toujours pas eu lieu).

En 12 ans, le conflit aurait fait environ 10 à 20 000 victimes ( ?) soit 10 % de la population de Bougainville ….

Juillet 2007 : à l’issue d’élections générales, Sir Michael Somare devient premier ministre à l’âge de 73 ans.

6 novembre 2007 : des violences ethniques éclatent à Laé et font 9 morts.

Mi 2011 : le premier ministre Somare est démis de ses fonctions alors qu’il se trouve à Singapour depuis plusieurs mois pour des raisons de santé. Peter O Neil est désigné par les parlementaires pour le remplacer.

 

En conclusion :

 

Par ses richesses minières et gazières, la PNG peut espérer améliorer les conditions de vie de ses citoyens dans les années à venir, à condition que les prix des matières premières ne fluctuent pas vers la baisse. En 1993, elle a intégré le forum de coopération économique Asie – Pacifique (APEC) et, en 1996, l’organisation mondiale du commerce (OMC), preuve de son implication dans l’économie mondiale. Mais, et ce n’est pas le moindre des paradoxes sur cette terre lointaine, la propriété privée n’existe pratiquement pas. C’est le droit foncier coutumier qui s’applique : la terre appartient aux clans et aux tribus et la constitution protège ce principe. Ainsi, les investissements peuvent être rendus difficiles et entraver des projets importants de développement du pays. Tout en s’opposant aux expropriations sauvages, à la déforestation, à la pollution de ses sols et aux pillages de ses ressources, la PNG doit donc inventer une voie originale de développement économique qui permette de concilier tradition et modernité.

 

Notes :

  1. = pour plus de commodité, je fais le choix d’utiliser l’acronyme PNG pour Papouasie Nouvelle Guinée.
  2. = chiffre de la banque mondiale en 2012
  3. = UNICEF
  4. = scrutin alternatif : il consiste à classer sur chaque bulletin de vote une liste de candidats par ordre de préférence et le vainqueur est celui qui obtient la majorité absolue. Il a été mis en oeuvre en PNG, ce pays aux 800 tribus, pour atténuer les effets du vote ethnique.
  5. = chiffre de la banque mondiale en 2013
  6. = chiffres de l’USGS (US geological survey)         
  7. = chiffres de la société chimique de France

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hôtel île Maurice 26/02/2015 07:25

Une île à visiter aussi rien que pour sa richesse de la faune et flore, malheureusement que vous n'avez pas fait des photos des plages et autres pour que l'on puisses voir comment elle est cette île.